Les impacts sanitaires de l’exposition au bruit comprennent:

Les effets auditifs

... avec l’impact sur l'oreille.

Les effets extra auditifs

... avec impact sur le sommeil, sur le système endocrinien, sur le système cardio-vasculaire, sur le système immunitaire, sur les apprentissages et sur la santé mentale).

Les effets auditifs

 Les conséquences fonctionnelles d’une exposition excessive au bruit vont de la fatigue auditive réversible qui se traduit par une élévation temporaire du seuil de l’audition, à la perte auditive définitive, qui est quant à elle irréversible. C’est le cas par exemple des expositions en milieu professionnel ou lors des loisirs, à des doses de bruit qui dépassent un niveau équivalent de 80 dB(A) sur 8 heures. (LAeq 8h) Situation pour celles et ceux qui travaillent par exemple sur le tarmac.

Les effets auditifs sur l’audition ne sont pas repris ici, car ne concerne pas directement les riverains des aéroports.

Cellules ciliées de l'oreille endommagées par un bruit excessif

Les Effets extra-auditifs

Ils se manifestent lors d’expositions chroniques ou répétées à des niveaux sonores beaucoup plus faible. Les effets sanitaires les mieux documentés et reconnus sont les suivants :

Perturbations du sommeil

Le bruit altéré la qualité du sommeil: retard à l’endormissement, augmentation du nombre et de la durée des éveils nocturnes conscients ou inconscients, réduction de la durée totale du sommeil, modifications des différentes phases du sommeil avec une diminution du sommeil lent profond qui est le plus réparateur et des phases de sommeil paradoxal.

 

 

Un sommeil de mauvaise qualité peut avoir à court terme de graves répercussions sur la vie quotidienne en entraînant somnolence, baisse de l’attention et des performances et en exposant ainsi les personnes à des risques plus importants d’avoir un accident de la route ou du travail.

Mais il a également des répercussions importantes sur le long terme. Le bruit provoque des réactions physiologiques d’activation du système nerveux se traduisant par une accélération de la fréquence cardiaque, l’augmentation de la pression artérielle, des perturbations endocrines et métaboliques (diabète de type2, augmentation de l’appétit avec obésité et augmentation du cortisol).

Ces anomalies aiguës peuvent, par leur répétition, avoir des conséquences chroniques, comme entraîner une élévation du risque de survenue d’infarctus du myocarde.

Il n’existe pas de phénomène d’habituation au bruit avec le temps. Le stress physiologique perdure de manière répétitive, même pour les individus qui déclarent s’y être accoutumés.
Conseil National du Bruit

Les effets sur les systèmes endocriniens avec effets cardiovasculaires et immunitaires

Les nuisances sonores peuvent provoquer des réactions de stress qui entraînent la libération excessive d’hormones, cortisol ou catécholamines (adrénaline, dopamine) ainsi que d’acides gras libres.

 

 

Leur augmentation provoque des effets cardiovasculaires, comme l’hypertension artérielle, le risque d’infarctus du myocarde, ainsi que des modifications du métabolisme pouvant engendrer des risques accrus de diabète de type 2 et d’obésité.

Les modifications endocriniennes entraînent également une atteinte des défenses immunitaires, notamment par atrophie de l’hippocampe qui provoque, en retour, une augmentation de sécrétion de cortisol.

Les effets sur les apprentissages scolaires, la capacité de mémorisation

Des études épidémiologiques ont montré qu’il existe une relation linéaire entre l’exposition des enfants au bruit d’avion et des troubles cognitifs dans la compréhension de la lecture et la mémoire.

Des études ont précisé comment les processus de mémorisation étaient altérés par le bruit. Avant l’âge de dix ans les enfants de trois à sept ans acquièrent les subtilités du vocabulaire. l’intelligibilité est donc primordiale à cette période.

Les effets psychologiques et mentaux

L’exposition au bruit a une influence sur la réponse au stress et le bien-être psychologique. En effet, différentes études menées autour de l’aéroport de Schiphol au Pays-Bas montrent que le bruit influe sur le développement ou la révélation de troubles mentaux. Le bruit est par ailleurs considéré comme la nuisance principale chez les personnes présentant un état anxiodépressif. Le bruit est déterminant dans l’évolution et le risque d’aggravation.

Cet article est une récapitulation de la publication « Les effets sanitaires du bruit » (Septembre 2017) par le Conseil National du Bruit, dont la version originale peut être téléchargée ici.