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Auteur/autrice : D. CODREANU

Sources acoustiques

Sources acoustiques

Pendant la période estivale, nous vivons davantage dehors, et donc nous sommes beaucoup plus exposés aux nuisances sonores dues aux avions. Comme nous l’avons déjà souligné, lorsque le temps est au beau fixe et que la chaleur est importante, l’air est moins porteur et les avions montent moins vite. En conséquence les pilotes doivent pousser un peu plus les gaz, ce qui provoque davantage de bruit. Mais il n’y a pas que les moteurs qui sont bruyants ! Le bruit aérodynamique dû aux turbulences créées autour de l’avion est aussi important, voire supérieur au bruit du moteur dans les phases d’atterrissage. Le grand développement des volets, le bruit des becs et du train d’atterrissage en sont des exemples. Au décollage, les moteurs tournent à plein régime et leur niveau sonore est bien sûr prépondérant. Mais à l’atterrissage, en revanche, les bruits engendrés par l’écoulement de l’air autour de l’avion dominent. Ces bruits dits  » aérodynamiques  » sont d’autant plus gênants que les avions restent plus longtemps à basse altitude lors de l’atterrissage. Contrairement aux moteurs, les recherches pour diminuer ces nuisances n’en sont malheureusement qu’à leur début.

Trafic !… le retour

Trafic !… le retour

Voilà ! c’est fini le chant des oiseaux et le parfum de l’herbe ! Le trafic reprend ses droits. Bien sûr qu’on pense à tous ceux qui ont été, et sont encore, victimes de cette pandémie du Covid-19 qui a provoqué l’arrêt du trafic. Mais comment ne pas se révolter de se retrouver enfermé dans la « Prison du bruit et des PUF ». Alors on dit non ! Impossible d’accepter que les 100.000 habitants de l’agglomération Nantaise retrouvent de nouveau les risques et les nuisances. Personne n’a eu la lucidité de prévoir que l’énorme brassage de population dans cet aéroport trop vieux et trop étriqué serait susceptible de nous amener (en partie) des virus et autres maladies. Aujourd’hui, on pousse les murs pour effectuer les contrôles sanitaires. Alors allonger la piste ? Augmenter le trafic ? On se moque de nous ! Non, non et non. Bien sûr une fois qu’on a dit ça on n’a pas avancé. Mais est-ce à nous de trouver une solution ? Est-ce que ce n’est pas à nos énarques dirigeants de faire le boulot ? Peut-être que la réunion du comité de suivi du 20 septembre avec le Préfet va nous apporter quelques éclaircissements ?

Le low-cost a le vent en poupe. Wizz….

Le low-cost a le vent en poupe. Wizz….

La compagnie aérienne hongroise low-cost Wizz Air se décrivant comme « la compagnie aérienne à la croissance la plus rapide d’Europe » compte recruter 4600 nouveaux pilotes d’ici 2030 dont 300 dès cette année afin d’accompagner la reprise du trafic aérien post-pandémie.

Wizz Air rappelle qu’elle a déjà formé plus de 150 pilotes supplémentaires afin de « voler cet été à plus de 100% des capacités d’avant la pandémie » de Covid-19. Wizz s’était en outre engagée l’année dernière à voir 20% de pilotes femmes d’ici 2027.

Outre le recrutement intensif de pilotes, Wizz Air continue de recruter « pour répondre à ses plans de croissance » des hôtesses de l’air et stewards dans ses 43 bases (aucune en France). Les nouvelles recrues rejoindront la low-cost « dans une période passionnante de croissance continue pour la compagnie aérienne, qui a ouvert 18 nouvelles bases et lancé plus de 300 nouvelles routes sur son réseau au cours de la seule année écoulée ». Les pilotes rejoignant Wizz Air auront l’opportunité d’exploiter la flotte en constante augmentation de la compagnie aérienne composée d’avions Airbus A320 et A321 (dont 6 A320neo et 33 A321neo). Wizz Air « s’engage à plus que tripler la taille de sa flotte », avec 500 Airbus attendus au cours des dix prochaines années.

La double peine

La double peine

Après avoir dépensé l’argent public (3.9 millions € en 2010) en mettant sous une cloche de verre le collège de la Neustrie, l’Etat avait promis de déplacer le collège (mais pas le primaire, ni la maternelle) en construisant un collège tout neuf. Il était même question de déplacer le centre bourg des Couëts. Depuis rien. Le non transfert, après avoir massacré les projets de vie de milliers de personnes du Sud-Loire n’a toujours pas commencé son réaménagement. Non seulement les habitants vont continuer à subir le développement exponentiel des nuisances de l’aéroport mais en plus ils vont devoir supporter le train qui va desservir l’aéroport. Un avion toutes les trois minutes, plus un train toutes les trente minutes. C’est la double peine. Sans parler du bus prévu à « haut niveau de service ». En donnant raison aux extrémistes, à la violence, en ignorant les 179 décisions de justice, le vote des habitants, et en oubliant les milliers d’élèves qui subissent des retards d’apprentissage ainsi que la pollution dans les cours de récréation, il ne faut plus s’étonner de la défiance des citoyens et des abstentions record aux élections.

Dormez braves gens

Dormez braves gens

Rappelez-vous, le 5 octobre 2018, Nantes Atlantique est passé en catégorie A. Cette catégorie désigne, entre autres, les aéroports utilisables de nuit. La nuit normalement on dort, et les cycles du sommeil durent environ 90 minutes. Chaque cycle commence par du sommeil léger et se termine par du sommeil paradoxal. Le sommeil profond (1h40) est surtout présent dans la première moitié de la nuit et c’est le plus réparateur d’où l’expression « le sommeil avant minuit compte double ».

En réalité, ce sont les trois ou quatre premières heures qui génèrent le sommeil le plus récupérateur. Lorsque l’on dort, l’organisme est au repos, mais il continue à recevoir des stimuli du monde extérieur. C’est pourquoi le sommeil est fragile, susceptible d’être perturbé en particulier par le vacarme des avions. Les conséquences médicales sont connues, les principales pathologies sont : cardiovasculaires, psychiques (dépression, anxiété), et démence. Il faut être lucide, la décision du classement en catégorie A, avait été prise en prévision du transfert et non d’un réaménagement !

Un seul avion qui survole une agglomération la nuit et qui réveille des milliers de personnes est donc actuellement légal. La consultation publique sur un « soi-disant couvre-feu » n’est que de la poudre aux yeux, une suggestion aux compagnies aériennes sans aucune réglementation prévue, ni contrôle. Par ex., le lundi 9 août à 22h55, le vol Transavia Nantes/Rennes sur un Boeing 737 (Très bruyant) ?

Les promesses n’engagent que ceux qui y croient.

Le tout automatique ?

Le tout automatique ?

Depuis le 1er juillet un décret gouvernemental autorise désormais les véhicules « à conduite déléguée ». Il prévoit l’homologation de véhicules automatisés dotés de systèmes leur permettant de fonctionner sans que le conducteur soit obligé d’avoir les mains sur le volant. Rassurez-vous cela ne concerne que les automobiles. Mais il concrétise quand même la volonté de s’orienter vers des systèmes rendant les véhicules autonomes. Mais alors quid des responsabilités pénales en cas de crash ? Concernant l’automobile en cas d’accident lorsque le système est en fonction, le décret prévoit l’exonération du conducteur de sa responsabilité sans parler de la vie des éventuels sinistrés. En route vers le futur, nous entrons dans un monde où nous dépendrons de plus en plus de machines qui décident à notre place. Mais concernant l’aviation la défaillance du système de pilotage représente une bien plus grande responsabilité virtuelle vu le nombre de passagers transportés. Même si la machine est plus fiable que l’humain, l’expérience nous montre que le risque zéro n’existe pas. Fort de cette expérience, ne plus autoriser le survol d’un centre-ville par des avions devient donc un impératif qu’on ne peut plus occulter.

Le silence assourdissant de nos institutions

Le silence assourdissant de nos institutions

Il faut rappeler qu’une horde de marginaux, sous couvert « d’expérimentation sociale » squatte toujours le terrain public de Notre-Dame-des-Landes. Même si certains ont signé des baux d’exploitations individuelles, le plus grand nombre continue d’exploiter illégalement les terres. Et personne ne dit rien. Même si, à chaque manifestation, ils « s’expriment » en commettant des exactions (ils se nomment eux-mêmes « collectif de lutte »), certains journalistes trouvent naturel de faire leur promotion dans les journaux. Et personne ne dit rien. Tout comme la publicité de rassemblements interdits créant un bidonville l’été (1000 personnes) faits d’individus luttant pour « l’avion-bashing » mais manifestant pour avoir l’autorisation de voyager en avion !  Et personne ne dit rien. Des constructions sans permis de construire, une éolienne sans autorisation, une école illégale, et encore des journalistes qui trouvent que ce sont des « alternatives riches et variées ». Et personne ne dit rien. Pourtant, le grand Albert Einstein avait prévenu : « Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ».

Maîtrisons le futur

Maîtrisons le futur

De nombreux progrès techniques réduisant, entre autres, la consommation des avions ont été réalisés par l’industrie aéronautique, c’est indiscutable. En premier lieu les moteurs, turboréacteurs et turbopropulseurs. Mais au fait, quelle est la différence ? Un turboréacteur, lui, fournit une poussée selon la loi élémentaire qui montre que toute action correspond à une réaction égale et de direction opposée. Bref, un turboréacteur « crache » du kérosène brûlé et de l’air brûlant. C’est ce qu’on appelle une combustion externe. Pas de pot d’échappement qui permettrait de filtrer et de nettoyer les rejets polluants. Alors qu’un turbopropulseur, lui, fournit de l’énergie qui sert par exemple à faire tourner une hélice avec une consommation de 30 à 40% inférieure. Mais les progrès ont un revers, la consommation étant « LE » déterminant essentiel du coût d’un vol, sa diminution contribue à abaisser les prix du transport aérien, et au final participe au développement du trafic. Alors merci le progrès, permettant à un plus grand nombre de découvrir le monde, mais attention à ne pas mettre en péril les populations survolées. Il y a suffisamment de zones non urbanisées pour permettre le développement de l’aviation sans interférer gravement avec la santé des habitants.

L’État dans le flou

L’État dans le flou

C’était promis, juré : « L’État s’engage pour une meilleure transparence et pour une gouvernance ouverte », pouvait-on lire le 28 octobre 2019, en gras, dans le dossier de presse présentant le projet de réaménagement de Nantes-Atlantique. Cette « gouvernance » devait trouver sa traduction dans la « comitologie » mise en place par la préfecture de Loire-Atlantique : comité de suivi des engagements, comité de pilotage stratégique, groupe contact, commission consultative environnement (CCE) et commission consultative d’aides aux riverains (CCAR), entre autres. Sauf que… Sauf que « le comité de pilotage stratégique ne s’est jamais réuni, le comité de suivi des engagements ne s’est réuni qu’une fois. Des réunions annulées, des documents manquants, une procédure flottante, un sous-préfet disparu… La « gouvernance ouverte » promise par l’État en 2019 sur le réaménagement de Nantes-Atlantique s’est muée en un dialogue de sourds. Actuellement, sur les restrictions de vols entre minuit et 6 heures, une enquête publique est ouverte jusqu’au 29 juillet. A l’automne, une autre enquête publique démarrera sur la trajectoire de vol des avions avec le ré-axage, prévu début 2022. Bref on noie le poisson avec une multitude d’enquêtes publiques « L’État nous maintient dans le flou, mais sait-il lui-même où il va ? ».

Médiacités Nantes – Nantes-Atlantique : grand flou et ras-le-bol des élus

Etat des lieux

Etat des lieux

En 2019, le nombre de mouvements d’avions sur l’aéroport de Nantes-Atlantique a atteint 63.207. On note une forte saisonnalité entre l’hiver, 35% de mouvements, et l’été 65%. Ce sont, dans l’ordre, les mois de juin, juillet et septembre qui connaissent le plus fort trafic, les lundis, jeudis et vendredis. Soit 11 à 15 mouvements par heure juste les mois où l’on peut profiter de l’extérieur, (en pic, un avion toutes les 3 mn), et aujourd’hui le réaménagement prévoit de doubler les vols ? Voilà, le monde d’aujourd’hui, mais demain ? Quelle évolution doit-on envisager ? À quoi ressemblera le transport aérien à l’horizon 2040/50 ? Ce qui est sûr, c’est que l’aéroport du futur sera aussi connecté que ses passagers. L’émergence de la biométrie, du mobile et de la génération de passagers « digital native » seront opérés au sein des aéroports. À l’heure du coronavirus, l’aéroport de demain sera sans contact, le « smart aéroport ». Nous sommes, nous, collectivement quelles que soient nos différences d’âge la dernière génération ayant connu le monde d’avant internet. Nos enfants ne vivront et ne se déplaceront que dans un monde totalement numérisé. Nous sommes la dernière génération, dans l’histoire du monde, qui pourra changer les choses, une responsabilité fondamentale. Alors, inutile de vouloir faire du neuf avec du vieux, c’est à nous et surtout à nos élus, de prévoir un aéroport connecté, écologique, accessible, en un mot moderne et en dehors de toutes agglomérations.