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Auteur : D. CODREANU

La paranoïa des avions pollueurs

La paranoïa des avions pollueurs

Juste pour situer le degré de paranoïa des plus virulents détracteurs. Il faut leur révéler les données de l’’industrie maritime qui démontrent que les 40 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’automobiles (12% de CO) et des 26.000 avions (1,9% de CO²) de la planète. Ces porte-conteneurs qui nous alimentent en produits que l’on fabriquait dans nos usines, (délocalisées) brulent aujourd’hui chacun 10.000 tonnes de carburant pour un aller et retour entre l’Asie et l’Europe. Ces 40 navires font partie d’une flottille de 100.000 navires qui sillonnent les mers. Pour continuer sur le chemin de la schizophrénie paranoïde, prenons en compte les 4,7 millions de poids lourds en transit à travers la France, sans parler du numérique (3% en 2016) en expansion exponentielle. Pour compléter cette petite fable, le domaine agricole consomme en moyenne 10 litres de fuel par hectare. Finalement traquer le CO² c’est bien, mais les nuisances générées par un aéroport en « ville » ? Alors là plus personne. De là à penser qu’on veut nous laver le cerveau !

Une éclipse (presque) totale d’avions.

Une éclipse (presque) totale d’avions.

Le bruit est source de stress, personne, habitant sous les avions, ne dira le contraire. Mais le silence ne correspond pas à l’absence totale de bruit. On ne réclame pas de vivre dans une chambre sourde (anéchoïque), mais simplement la fin du ballet incessant de ces oiseaux de métal. Cette pandémie nous fait redécouvrir les bruits de la nature, le murmure du vent dans les branches, le bourdonnement des abeilles, et bien sûr le chant d’oiseaux. La nature est tout sauf silencieuse. Alors profitons de ce moment extraordinaire, pour nous, où l’on peut vivre et se parler dans le jardin. Peut-être que ceux qui ne sont pas confrontés au problème vous interpellent avec un : « vous le saviez lorsque vous avez acheté », oui c’est vrai, mais entre un avion de temps en temps et un toutes les trois minutes, il y a une sacrée différence. C’est cette différence qui nous conforte dans notre volonté de réclamer une délocalisation. Bref peut-être un été où l’on va pouvoir déjeuner dehors, jardin ou terrasse, et profiter du soleil. Une expérience inoubliable, l’impression de faire partie de la Nature. Un vrai cadeau. Profitez !

Trois ans et deux décrets plus tard, un effet d’annonce

Trois ans et deux décrets plus tard, un effet d’annonce

L’état annonce des « mesures exceptionnelles sans précédent à l’échelle nationale » pour les habitants les plus exposés aux bruits de l’aéroport. Le décret du 21 avril autorise deux dispositifs :

1/ Le droit de délaissement. Permet aux propriétaires d’obliger l’État à acheter un logement exposé à un bruit de (+ de 62 db). Le prix ne tenant pas compte de la dépréciation du marché causée par les nuisances sonores.

2/ L’aide à la revente. L’État compense la perte de valeur du fait de la proximité avec l’aéroport lors de la vente à un particulier dans une zone au bruit modéré (entre 55 et 62 db).

Pour bénéficier de ces aides, les critères d’éligibilité sont très stricts. Être dans la zone définie par arrêté (comprenant des parcelles interdites à la construction !!!) et avoir été acheté entre le 31 décembre 2010, et le 17 janvier 2018. Excluant ceux (avant le 31/12/10) qui ont vécu l’augmentation exponentielle des nuisances. La réalité, c’est que ce sont des projets de vie qui sont bafoués d’autant que très peu de propriétaires sont concernés. Quarante-huit selon les services de l’état. Un effet d’annonce scandaleux « sans précédent à l’échelle nationale » d’autant plus que c’est le concessionnaire qui paiera 56 % des dédommagements. Alors doit-on aller vers un recours en justice ?

Surtout ne pas décrocher !

Surtout ne pas décrocher !

Pour un avion décrocher, c’est perdre brusquement sa « portance ». L’appareil tombe alors comme une pierre. Ce phénomène survient lorsque la vitesse (pour un avion de ligne) tombe en dessous de 150 km/h, ce qui peut se produire, en approche à l’atterrissage (ex : fort vent arrière). C’est un problème d’écoulement de l’air sur la partie supérieure des ailes (l’extrados) qui doit être plus rapide que sur la partie inférieure (l’intrados). Si l’avion vole en dessous de cette vitesse, dite de « décrochage », une alarme retentit, et l’appareil effectue automatiquement un piqué en remettant les gaz pour reprendre de la vitesse. On a beaucoup parlé récemment du système anti-décrochage du Boeing 737 MAX qui est à l’origine des deux crashs (Lion Airet d’Ethiopian Airlines). Le système « anti-décrochage » défaillant de l’avion, a entraîné une action à piquer, fatale, qui a fait 346 victimes. Les pilotes n’ont pas réussi à reprendre la main. Il n’est pas question ici d’être alarmiste ni de vouloir faire peur, mais simplement de souligner que rien n’est parfait et qu’un accident reste toujours une possibilité. Mais la solution est très simple, il suffit pour cela d’interdire les vols au-dessus des agglomérations !….

La politique de l’autruche

La politique de l’autruche

Déjà en avril 2019, l’Autorité environnementale avertissait : « les projections de trafic pour l’aéroport de Nantes devraient être revues à la baisse pour tenir compte des enjeux sanitaires et environnementaux ». Un an plus tard, l’arrêt de toute activité aérienne, suite à l’épidémie, remet en cause le développement de l’aéroport prévu par l’État. Il faut être aveugle pour ne pas se rendre compte que la crise actuelle va rebattre les cartes. Et pourtant, l’État continue de faire l’autruche. Mais au fait d’où vient cette expression ? D’abord, l’autruche pond ses œufs dans le sol, dans des trous. Au cours de la surveillance, l’oiseau retourne les œufs, ôte les lézards ou les rongeurs qui profitent de la chaleur. Ainsi, lorsqu’on observe l’oiseau, il semble souvent avoir la tête dans le sol. Mais ce n’est nullement parce qu’il ne veut pas voir la réalité. A l’inverse du gouvernement et donc de la DGAC (muselée) qui, déjà en 2013 affirmait « Les résultats montrent clairement une forte augmentation des nuisances… près de 80.000 habitants sont concernés… » et de conclure « ce rapport confirme les avantages du transfert de l’activité aéroportuaire etc… ». Impossible donc ne pas remarquer cette cécité mensongère relayée par certains journalistes partisans. Pourquoi refuser de prendre en compte les nouvelles technologies et le savoir-faire industriel pour concevoir un grand aéroport autonome et sans impact sur les populations ?

Sans commentaire

Sans commentaire

L’irresponsabilité, c’est l’existence d’un aéroport urbain qui sacrifie la population sous les avions et, en plus, vouloir l’agrandir.

Brouillard et turbulences sur l’allongement de piste

Brouillard et turbulences sur l’allongement de piste

Il faut rappeler que le projet de réaménagement de Nantes-Atlantique est de porter l’accueil à 11,4 millions de passagers par an à l’horizon 2040 (valeur médiane). Environ 500 millions d’euros de travaux sont annoncés d’ici à 2025, à charge du concessionnaire. En dépit des incertitudes qui pèsent sur le trafic aérien, l’État continue d’affirmer que le réaménagement verra le jour selon le calendrier prévu. Mais l’allongement de la piste de l’aéroport, annoncé, pourrait bien être abandonné. L’hypothèse a été évoquée par Emmanuel Macron lui-même lors d’un déplacement à Nantes, le 11 février dernier. Ce volte-face sème le trouble. « J’espérais un projet de réaménagement plus ambitieux » estime une figure LREM de Loire-Atlantique, qui souffle encore : « J’attendais plus qu’un coup de peinture sur les espaces commerciaux, … ». D’autre part, la disparition de certaines compagnies (comme Hop) et l’incertitude de la reprise vont impacter les revenus du concessionnaire. Alors, quel gestionnaire investira 500 millions d’euros sur un retour d’investissement incertain ? A moins qu’une délocalisation soit envisagée ?

Il n’y a pas de Cafe pour les avions

Il n’y a pas de Cafe pour les avions

En vigueur depuis le 1er janvier 2021, la réglementation Cafe (Corporate average fuel economy) vise à réduire les émissions de CO². Mais elle ne concerne que les « véhicules particuliers » et oblige les constructeurs à ne pas dépasser 95 g de CO²/km en moyenne pour l’ensemble de leurs gammes. Pour les avions, depuis le 1er janvier 2021, c’est un peu plus compliqué. Le CO² rejeté par tous les atterrissages et décollages effectués dans la Communauté Européenne est comptabilisé. Les compagnies aériennes (toutes nationalités) on droit à un quota. Si elles le dépassent elles peuvent racheter un « droit de polluer » aux compagnies qui sont en dessous de leurs quotas. Si elles ne peuvent pas, elles doivent alors payer une taxe dont la valeur du point est mise aux enchères. La tonne de CO² se situant actuellement aux alentours de 8 €. En cas de non-respect des règles, des sanctions financières sont appliquées, voire une interdiction de vol dans l’Union Européenne. Cette mesure unilatérale n’est évidemment pas du goût de certains pays, comme les Etats-Unis, la Chine, la Russie ou l’Inde qui promettent des mesures de rétorsion. Il est d’ailleurs même question d’une « loi carbone » sur les billets d’avions. Outre la dépollution, l’intelligence serait aussi de protéger les populations des autres dangers. Bref, on a le temps de boire un café, l’histoire ne fait que commencer.

Ne pas perdre la boussole

Ne pas perdre la boussole

C’est à partir du Xe siècle que la famille d’Herlin de Bougon devient propriétaire du château qui prend son nom : Château de Bougon, situé sur la paroisse de St Pierre de Bouguenais. Lors de la « commune de Paris », la paroisse deviendra : « Commune de Bouguenais ». C’est la proximité de ce château qui est à l’origine du nom de l’aéroport qui naîtra sous le nom d’Aéroport de Château Bougon. La devise de cette nouvelle commune est : « Ad Alta. » ce qui signifie « Vers les hauteurs » (une prédestination). Mais ce n’est qu’en 1928, que fut créé un camp d’aviation militaire provisoire sur un terrain de 50 hectares près du Château de Bougon, par rapport à la topographie, sans tenir compte de la moyenne des vents dominants ! En 1934-1935 arrivent les établissements Bréguet qui ouvrent la voie à la destination commerciale de l’aéroport. Après diverses transformations, la piste apparaît telle qu’on la connaît aujourd’hui, d’une longueur de 2.900 m et orientée 3/21. Le 3 correspond à 30° et le 21 correspond à 210° par rapport au 0° Nord. Ce rapide historique démontre que cet aéroport n’a jamais été conçu pour l’utilisation dont il est l’objet de nos jours. Depuis une cinquantaine d’années, sa position enclavée et très problématique a été reconnue par TOUS comme inacceptable et nécessite sa délocalisation vers une zone non urbanisée. Alors …

Historique de Château-Bougon (Didier Favreau)

Dans le monde d’après

Dans le monde d’après

Avec la crise du la Covid, le monde a expérimenté à grande échelle les effets de la décroissance. Le bilan est plus que décevant. Non seulement la baisse du trafic aérien n’a eu aucun effet durable sur le réchauffement, mais selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) le CO² en février 2021 était même légèrement supérieur à celui de février 2020. Pourtant les émissions de CO² du transport aérien ont certes diminué, mais cette baisse sans précédent n’a eu aucun impact durable sur les niveaux de concentration de CO² dans l’atmosphère, ni sur le réchauffement climatique. Face à cette réalité, la décision française d’interdire l’avion sur trois liaisons desservies en moins de 2 h 30 par le train apparaît encore plus dérisoire. Ce qui est quantifiable, par contre, c’est que cet arrêt brutal a mis en péril la capacité du secteur à investir dans sa transition énergétique. Au final, moins d’avions, c’est moins de passagers et donc moins d’argent pour la recherche et les nouvelles technologies. Pour réussir sa transition énergétique et préserver la liberté de voyager, le transport aérien a donc besoin de clients. Comme nous l’avons déjà vu, devant l’aérien, bien d’autres sources de pollution, comme la voiture, le chauffage, la consommation de viande et même l’usage d’Internet, seraient en mesure de générer des économies de CO² nettement plus importantes. L’histoire nous apprend que c’est bien le progrès qui a permis de prolonger nos vies dans de meilleures conditions. Alors, sans bruit et sans pollution, protégeons d’abord l’humain dans le monde d’après.

https://coceta.org/Presse/Les-Echos-20210322-aerien-decroissance.pdf