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Les lents demains

Les lents demains

L’aéroport de Nantes-Atlantique se réveille doucement. Le calendrier des vols prévus est quand même de 952 départs, et, avec les arrivées, cela pourrait représenter 1904 mouvements pour le mois de mars (sans compter le fret). Le constat, du début du mois, nous permet de dire que tous ces vols prévus ne sont finalement pas vraiment effectifs. Nonobstant, si l’on y regarde de plus près et en analysant les différentes destinations théoriques on peut s’étonner du nombre de vols intérieurs prévus (271) mais aussi curieusement du même nombre de vols vers l’Allemagne et le Maroc respectivement 91 et 90. Suit, l’Espagne 79, Italie 64, Portugal 57, Royaume Uni 55, Suisse 55, Tunisie 40, Pays bas 31, Canarie 29, Algérie 23, Tchéquie 17, Danemark 12, Irlande 11, Autriche 9, Ecosse 8, Turquie 7, Israël 2, Corse 1, et ce, seulement pour le mois de mars. Dans les faits, beaucoup de ces destinations ne sont validées que si le nombre de demandes est suffisant. Mais c’est une bonne nouvelle pour les nombreux employés du site, et cela nous rappelle qu’il ne faut pas baisser les bras. L’activité va forcément continuer de se développer ainsi que ses nuisances. La protection des habitants de l’agglomération nantaise reste une priorité et le déplacement de l’aéroport reste une évidence.

Vols directs – Nantes

2611 élèves sous les avions à Bouguenais

2611 élèves sous les avions à Bouguenais

Il est écrit que le collège de la Neustrie va être déplacé pour protéger les élèves. Même si aucun nouvel emplacement, ni même aucun centime des 12M € nécessaires n’existent, l’aveu de la dangerosité de l’emplacement est formellement reconnu. Mais cette reconnaissance en appelle une autre, car, sur la trajectoire des avions, il y a aussi le groupe scolaire du Bourneau qui n’est qu’à 180 m du collège de la Neustrie. D’abord, la maternelle Françoise Dolto (141 élèves) et l’école primaire Urbain le Verrier (383 élèves) de moins de 11/12 ans et qui sont encore plus vulnérables. Mais alors pourquoi si les nuisances et la dangerosité sont reconnues pour le collège pourquoi elles ne le sont pas, juste à côté, pour la maternelle et le primaire. Il est pourtant indiscutable que c’est pour les plus jeunes que la pollution est la plus dangereuse. Nous ne parlons pas ici du Fougan de mer, de Célestin Frenet, ni des Orphelins d’Auteuil qui sont à moins de 500 m et qui représentent environ 480 élèves. Hormis la pollution, le risque d’accident reste lui aussi une réalité qu’on ne peut pas ignorer. Alors faut-il protéger les enfants, déplacer toutes ces écoles ou simplement déplacer l’aéroport en dehors de la ville ?

Attention à ne pas se tromper de cible

Attention à ne pas se tromper de cible

La justice reconnaît l’État Français fautif « dans son incapacité à lutter contre la pollution de l’air », elle trouve que la « France est responsable mais pas coupable » ! Se dédouaner en agitant le chiffon rouge de « l’avion-bashing » (relayé par les médias) n’est pas la solution.

Bien sûr, le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4) qui découlent des activités humaines sont pointés du doigt, mais attention la vapeur d’eau (qui piège 3 fois plus de chaleur dans l’atmosphère terrestre) reste le principal gaz à effet de serre. De même l’aviation est stigmatisée alors qu’il y a beaucoup d’autres secteurs bien plus polluants et dont on ignore les effets. Il est tout à fait légitime de promouvoir la réduction, entre autres, du CO², mais attention à ne pas se tromper de cible. N’est-ce pas l’humain qu’il faut d’abord protéger ? L’aviation ne représente finalement qu’une part infinitésimale de la production mondiale de CO².

Bref, peu importe les chiffres qui sont toujours discutables suivant ce qu’ils prennent en considération, l’important est de ne pas se tromper de cible. L’aviation reste incontournable, ce sont ses nuisances qu’il faut déplacer et ne pas les laisser planer au-dessus de la ville. 

TA Paris, 4 juill. 2019, req. n° 1814405/4-3

S’adapter ou mourir

S’adapter ou mourir

Covid, Changement Climatique, Biodiversité ou E-vtol, Hydrogène, hybridation, biocarburants…. où va-t-on ? Malgré cette crise inédite dans son intensité, un avenir sans transport aérien reste impensable. Même si personne aujourd’hui n’est capable de prédire l’avenir, l’hygiène et la sécurité sont plus que jamais prioritaires. La plupart des avions modernes utilisent des systèmes de purification de l’air pour les voyageurs, HEPA (High Efficiency Particulate Air), qui sont les mêmes que ceux utilisés dans les salles d’opérations. Ils sont extrêmement efficaces pour éliminer les agents pathogènes en suspension dans l’air. D’autres systèmes sont en test actuellement, comme les tunnels de désinfection, qui nettoient chaque voyageur de la tête aux pieds. Les bagages aussi pourraient également subir un nettoyage en profondeur tout aussi complet, à l’aide d’un brouillard désinfectant ou d’une lumière UV qui tue bactéries et virus. Dans tous les cas, l’avenir va imposer de nouvelles directions. Pour la sauvegarde de l’emploi, et parce que le rêve est toujours dans nos gènes, il faut croire au génie humain. Le trafic va donc continuer de se développer avec ses risques et ses pollutions. Militer pour éloigner l’aéroport de la ville doit donc être une priorité. Ce qui est sûr c’est « qu’à ne pas y croire on finit par ne plus rien pouvoir faire ».

Une première en Europe

Une première en Europe

Le survol d’une ville est soumis à des règlementations très strictes, sauf à Nantes. Déjà en 2003 la question était au débat (JO Sénat du 13/02/2003 – page 518). Les inspecteurs missionnés par le ministère de l’Environnement préconisent pour Nantes « la mise en conformité des procédures qui ne correspondent plus aux recommandations de l’Organisation de l’aviation civile internationale ».

Paul Scouarnec, contrôleur aérien qui a travaillé 20 ans à Nantes-Atlantique, précisait lui aussi que : « les procédures d’atterrissage sont inadaptées aux normes internationales, et l’approche présente des difficultés ». L’actuel plan d’exposition au bruit (PEB), vieux de 2003, (qui était lui aussi en attente du transfert) ne colle évidemment plus à la réalité du trafic aérien Nantais. Un nouveau PEB devrait paraître cette année. Il est évident que le réalignement de la trajectoire des avions (en 2022) constitue une première. Alors, le nouvel axe d’atterrissage (imposé), nous permettra bientôt de célébrer une première : le survol d’une ville en plein centre.

Arrêté du 10/10/1957 relatif au survol des agglomérations

Même les abeilles et les fleurs n’aiment pas le bruit

Même les abeilles et les fleurs n’aiment pas le bruit

Robbie CURLING, de l’Université de Southampton en Angleterre, vient de démontrer que les résidus de la combustion du pétrole masquent l’odeur des fleurs perturbant la pollinisation. Il a reproduit en laboratoire l’odeur de la fleur de colza et l’a mélangée avec de l’air plein de gaz d’échappement. Il s’avère que la détérioration des composés aromatiques floraux perturbe la pollinisation et empêche les abeilles de faire leur travail.

De même, le département de biologie moléculaire et d’écologie des plantes de l’Université de Tel-Aviv a montré que les plantes sont capables de percevoir les sons. En effet, « La concentration en sucre du nectar des fleurs augmente lorsqu’elles reconnaissent la fréquence des sons du bourdonnement ». Et lorsque qu’une plante est exposée à un son d’une fréquence plus forte que celle des pollinisateurs, la concentration en sucre de son nectar n’augmente pas. Selon les chercheurs « les plantes sont affectées par les sons, y compris ceux générés par l’homme ». Autrement dit, le bruit et la pollution nuisent à la capacité d’attirance des fleurs et des abeilles.

Et pour nous alors, est-ce que ça perturbe nos attirances ?

Quand la DGAC se battait pour protéger les populations

Quand la DGAC se battait pour protéger les populations

Dans un rapport remis à la préfecture de Loire-Atlantique, le lundi 28 octobre 2013, la Direction Générale de L’Aviation Civile (DGAC) déclarait : Les résultats montrent clairement une forte augmentation des nuisances sonores et des populations impactées. Un avion toutes les deux minutes… Et près de 80.000 habitants sont concernés à terme. Les avions survolent le centre de Nantes, à forte densité de population, à moins de 400 m de hauteur. Ils survolent aussi, à moins de 300 m d’altitude, le lac de Grandlieu, au sud, site exceptionnel classé en zone Natura 2000.

Oui, Oui, vous avez bien lu, c’est bien la DGAC qui affirmait, mot pour mot, le contraire de ce qu’elle dit aujourd’hui ! et ce n’est pas tout ! « Ce rapport confirme les avantages du transfert de l’activité aéroportuaire … ». Il n’est pas question ici de refaire l’histoire, mais de garder en mémoire les vérités accréditées par toutes les instances nationales et européennes avant l’intervention des « couards ». Tout comme la DGAC avant d’être muselée, nous rappellerons sans cesse qu’un aéroport en milieu urbain est une totale aberration.

ACTU.fr 8/11/2013 – Nantes-Atlantique – Etude sur les nuisances sonores par la DGAC

Libération 6/11/2013 – La DGAC remet un rapport favorable au Transfert

TourMag 29/11/2013 – La DGAC prône le transfert vers NDDL

L’Humanité 6/11/2013 – La DGAC préfère le nouvel aéroport

Autopsie d’un déni démocratique (M. Bouchery/F. Beniada – Librinova).

Vélocipédistes sous les avions : « respirez » !

Vélocipédistes sous les avions : « respirez » !

Depuis longtemps le développement de l’activité physique est reconnu comme bon pour la santé. Le vélo bien sûr mais aussi la marche, les trottinettes ou le skateboard. Avec son atmosphère chargée en particules toxiques et son trafic dense propice aux accidents, la ville ne semble pas être, au premier abord, le lieu idéal pour enfourcher son vélo. En France, 70 % des accidents de vélo (2.800) ont lieu en ville. Même si promouvoir le vélo pour avoir moins de voitures et donc moins de pollution semble une bonne idée, les spécialistes préconisent néanmoins le développement d’itinéraires à faible pollution pour les cyclistes. Inutile de souligner les dégâts sournois de la pollution sur la santé. Le gouvernement installe donc des incitations aux transports alternatifs, « loi des mobilités durables », mais tout en imposant le survol du centre de Nantes par des avions à basse altitude (sic !). Cherchez l’erreur ? En effet, depuis le recul du gouvernement face aux zadistes de Notre-Dame-des-Landes, les contradictions deviennent la norme. Car comment justifier les encouragements aux vélocipédistes (200 €/an) pour qu’ils « respirent » la pollution des avions ? Afficher une volonté « écolo/populiste » ne suffit pas. Encore faut-il être cohérent !

Colère de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC)

Colère de la Convention Citoyenne pour le Climat (CCC)

Supprimer les vols domestiques dont le trajet était réalisable en moins de 4 h de train, était la mesure symbole. Ce 10 février le conseil des ministres ramène la proposition à 2 heures et demie. Elle ne concerne plus que cinq lignes, dont Paris-Bordeaux, Paris-Lyon, Paris-Nantes. Le Réseau Action Climat (RAC) a ainsi calculé que cette mesure amoindrie ne permettrait de réduire les émissions de CO2 que de 6,6 %. Et déclare « … Au final, les mesures inscrites dans le projet de loi ne sont pas du tout fidèles à l’esprit des propositions ».

Réduire notre empreinte Carbonne est effectivement indiscutable. Mais ces déclarations, teintées d’un idéalisme respectable, confrontées à la réalité consiste à décider, entre autres, de conséquences économiques délétères. Et pour quel bénéfice ? Selon certains spécialistes « Le bénéfice environnemental représente 0,014 % des émissions totales françaises et 0,046 % des émissions totales du secteur des transports ». Alors, qui croire ? Et qui, des conseillers/décideurs de la CCC serait capable d’accepter, par exemple, de perdre son emploi ? Pour parodier la situation, l’humoriste nous explique : « que le gouvernement annonce l’annulation du maintien de la suppression des mesures dont l’abandon de la confirmation avait été abrogé ». La politique ?

La reculade à NDDL a créé des « émules » Zadistes !

La reculade à NDDL a créé des « émules » Zadistes !

Depuis fin août 2020, la ZAD (Zone A Défendre), du Carnet s’est installée en bord de Loire manifestant contre le parc éco-technologique voulu par le Grand Port maritime de Nantes-Saint-Nazaire. Les recours judiciaires sont en cours. Cet exemple n’est pas isolé. A Bretignolles-sur-Mer, même si la loi conforte le projet, l’occupation illégale du domaine public continue. Le recours en référé qui demandait la suspension des travaux a été rejeté par le tribunal administratif le 30 octobre dernier. En Ile de France, sur les terres agricoles proches de l’aéroport de Roissy, au nord de Paris, se dresse une autre ZAD contre la construction d’une gare et d’une zone d’activités. Les déclarations sont sans ambiguïté. « On a toujours dit qu’on s’inspirait de Notre-Dame-des-Landes » proclame un des chefs de file qui se rêve déjà en héritier de Notre-Dame-des-Landes. Mais la lenteur de la justice, bien connue en France, laisse le temps à des « excès », que l’on a bien expérimentés à Nantes. A chaque fois le bidonville se met en place. Quelques cabanes en bois et palettes et tôles qui font office de dortoirs. Quelles que que soient les raisons qui motivent les zadistes, il faut reconnaître qu’on finit par douter de vivre dans un pays de droit ! Comme quoi un renoncement peut engendrer un commencement !