Analyse de M.Gilles Clavreul, préfet et auteur de « Dans le silence de l’Etat »

Analyse de M.Gilles Clavreul, préfet et auteur de « Dans le silence de l’Etat »

« Le non-transfert de l’aéroport à Notre Dame des landes a été un révélateur. Depuis cinquante ans, l’Etat s’était engagé dans un processus hors normes et avait respecté toutes les règles du jeu : justice, référendum… pour, in fine, renoncer à son projet. Ce renoncement à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes fut « la matrice des Gilets jaunes ». Le mouvement de protestations a prospéré sur la faiblesse de l’Etat. Comment ensuite imposer des projets d’envergure ? comment faire prévaloir l’intérêt général ? Le président de la république l’avait bien compris, lui qui, un mois avant son élection avait dit qu’abandonner le chantier reviendrait pour l’Etat à renoncer à sa parole. Et pourtant c’est ce qui s’est passé. Si Notre-Dame-des-Landes avait été lancé, les Gilets jaunes n’auraient certainement pas pris cette tournure. L’Etat a été obligé de leur répondre assez durement, car phagocyté par une minorité violente qui, à Notre-Dame-des-Landes, in fine a obtenu gain de cause. Depuis les nombreux épisodes de la ZAD, la parole de l’Etat s’est complètement démonétisée. »

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