Dans le monde d’après

Dans le monde d’après

Avec la crise du la Covid, le monde a expérimenté à grande échelle les effets de la décroissance. Le bilan est plus que décevant. Non seulement la baisse du trafic aérien n’a eu aucun effet durable sur le réchauffement, mais selon l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) le CO² en février 2021 était même légèrement supérieur à celui de février 2020. Pourtant les émissions de CO² du transport aérien ont certes diminué, mais cette baisse sans précédent n’a eu aucun impact durable sur les niveaux de concentration de CO² dans l’atmosphère, ni sur le réchauffement climatique. Face à cette réalité, la décision française d’interdire l’avion sur trois liaisons desservies en moins de 2 h 30 par le train apparaît encore plus dérisoire. Ce qui est quantifiable, par contre, c’est que cet arrêt brutal a mis en péril la capacité du secteur à investir dans sa transition énergétique. Au final, moins d’avions, c’est moins de passagers et donc moins d’argent pour la recherche et les nouvelles technologies. Pour réussir sa transition énergétique et préserver la liberté de voyager, le transport aérien a donc besoin de clients. Comme nous l’avons déjà vu, devant l’aérien, bien d’autres sources de pollution, comme la voiture, le chauffage, la consommation de viande et même l’usage d’Internet, seraient en mesure de générer des économies de CO² nettement plus importantes. L’histoire nous apprend que c’est bien le progrès qui a permis de prolonger nos vies dans de meilleures conditions. Alors, sans bruit et sans pollution, protégeons d’abord l’humain dans le monde d’après.

https://coceta.org/Presse/Les-Echos-20210322-aerien-decroissance.pdf
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