« Dans les milieux autorisés, on s’autorise … »

« Dans les milieux autorisés, on s’autorise … »

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé jeudi dernier : « Le gouvernement a demandé à ADP (Aéroport De Paris) d’abandonner son projet d’extension de Roissy et de lui en proposer un nouveau, plus cohérent avec ses objectifs ».  Comme si ADP avait quelque chose à dire. L’Etat français est actionnaire d’ADP à 50,6 % (Vinci 8%). Le gouvernement se demande donc à lui-même de se présenter un nouveau projet avec un grand chambardement médiatique pour s’attirer les bonnes grâces des « déconstructeurs ». Qui est dupe ?

Et, de plus, la ministre se disculpe en annonçant que ce n’est pas le gouvernement mais la chute de trafic (Covid) qui justifie la décision. Le projet de loi « Climat et Résilience » prévoit effectivement « l’interdiction de nouveaux aéroports ou extensions d’aéroports en vue d’augmentations capacitaires ». En sont exclus les projets rendus nécessaires pour des raisons de sécurité, de mise aux normes (article 72-3 de la Constitution), mais aussi le réaménagement de Nantes-Atlantique, cité nommément. Et de préciser que l’Etat, lui qui avait décidé l’agrandissement capacitaire de l’aérogare, s’autorise à décider d’un réaménagement jusqu’en 2036. En fait, il suffit que, dans les milieux autorisés, on s’autorise à penser que le déplacement de l’aéroport de Nantes Atlantique soit une question de sécurité !

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