Le kérozène synthétique, une bonne idée ou pas ?

Le kérozène synthétique, une bonne idée ou pas ?

Le kérosène synthétique est fabriqué à base d’hydrogène vert et de CO2 capturés dans l’air avec quelques additifs. Sur le principe, cette solution n’émet pas de CO2 supplémentaire puisqu’elle ne fait que rejeter celui capté dans l’air lors de sa fabrication. Il pourra être utilisé avec les structures de transport et de stockage existantes sur les aéroports, progressivement mélangé au kérosène fossile. Alors rien d’étonnant à ce que l’idée fasse fantasmer l’industrie aéronautique, qui y voit un moyen de pouvoir poursuivre ses activités tout en diminuant ses émissions. Pourtant, la technologie pour fabriquer du kérosène à partir du carbone existe et ne date pas d’hier. Découvert en 1923 par deux chercheurs allemands, le procédé, dit Fischer-Tropsch, repose sur une réduction catalytique du monoxyde de carbone (CO) par de l’hydrogène (encore lui) pour le convertir en gaz synthétique (syngaz) puis en kérosène. Pour l’instant, la synthèse d’hydrocarbures reste néanmoins coûteuse elle est 6 à 8 fois plus cher que le conventionnel, notamment en raison de son caractère énergivore. En cause notamment, l’électrolyse de l’hydrogène (donc de l’électricité) utilisée, et dont l’industrialisation, qui pourrait apporter des économies d’échelle, a à peine débuté. Mais le CO² ne résout pas tous les problèmes, car les émissions d’oxydes d’azote seront les mêmes, les particules ultrafines sans doute aussi, les accidents bien sûr toujours possibles, et pour le bruit tous les spécialistes s’accordent à dire qu’il n’est pas résorbable. Sans oublier toutefois que : carburant moins cher égal prix des vols en baisse et développement du trafic. Alors ?

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